Page 

Une page spéciale de nouveautés KÉTAINEs observées en cours de justice

16 octobre 2011

 
 Un autre exemple de tenue vestimentaire particulière : Une justiciable de relative petite taille, aux poignées d’amour incontestables et au visage de carlin s’était mise sur son trente et un pour honorer la Cour Supérieure. Elle portait une chemise courte de type «bedaine» mettant en valeur son nombril; cette chemise était en dentelle semi-transparente bleu clair fleurie de grosses roses bleu foncé et avaient des manches mi-longues serrées à mi-bras s’évasant au coude en de gigantesques volants asymétriques si on les considèrent devant-derrière. Dessous, elle portait un satin-gorge satiné opaque noir. Le bas de son corps était vêtu d’un jeans taille basse serré jusqu’aux genoux. Juste sous le genoux, ce tissu était remplacé par deux gigantesques volants de type pattes d’éléphants descendant aux chevilles du même tissu que la chemise. Les vêtements étaient propres et bien repassés, le maquillage et la coiffure se voulaient soignés quoique dans le ton excessif des années 80. Mais encore une fois, c’est l’odeur importante de sueur corporelle qui démontrait que cette dame ne distribuait pas son attention d’une façon égale. Je ne crois pas que de son estrade le juge ait pu le remarquer autant que nous dans la salle. Cependant, cet élément de fait ne faisait qu’accentuer l’impression que nous avions d’être au Studio 54 dans les années 70 plutôt qu’à la Cour! Notre Juge présent a été clément et n’a pas émis de commentaire.

 Un justiciable est amené devant le juge. Le monsieur a manifestement des problèmes de santé mentale ou de troubles cognitifs quelconques et les deux procureurs (Couronne et défense) questionnent son aptitude à comparaître. Selon le policier l’escortant, le justiciable a été pris dans un supermarché à voler à l’étalage un petit poulet et autres produits surgelés. Il a été découvert lorsqu’il s’est évanoui et qu’on a voulu lui porter secours. Monsieur avait placé un des items dérobés dans sa tuque avant de la remettre sur sa tête, et les autres dans son manteau. Il s’était donc gelé la tête et le corps, d’où le malaise.

15 octobre 2011

 
  Lors d’une comparution, mon patron criminaliste avait été appelé en renfort par un confrère, que nous appellerons Me P. , qui désirait déterminer s’il allait prendre ou référer l’ensemble ou une partie des dossiers d’un jeune client accusé de 70 chefs d’accusation relatifs à de l’introduction par effraction et au vol. Vu la récence et le volume des dossiers, Me P. n’avait pu prendre connaissance de la volumineuse paperasse émise en conséquence par le greffe et le procureur général. Me P., accompagné de mon patron, se présente devant la Cour. Pour vous mettre en situation, lors des comparutions criminelles, la salle est ouverte au public et on traite ensemble de très nombreux dossiers : il y a donc du monde et de l’animation, les employés, avocats et témoins allant et venant, etc. L’accusé est appelé et le juge entreprend de lire les chefs d’accusation à haute voix, selon la procédure. Me P. mentionne au juge que vu le volume des chefs, il accepte de dispenser de la lecture. Le juge mentionne que vu justement l’ampleur du dossier, il en fera néanmoins une lecture condensée et commence à la page 4. Or , le tout premier chef d’accusation lu va comme suit :« Le x du xème mois de 19…, se serait introduit par effraction dans la résidence de X.P….sise au x, rue y à ville z»! Stupeur de Me P. qui en reste sans voix, et entend 2-3 autres chefs au même effet. Fâché, il se retourne subitement vers son client en lui disant à voix très audible : «Ah ben c’est toé mon p’tit criss qui est venu voler chez nous!» Vous pouvez imaginer les rires dans la salle! 

Pas «KÉTAINE», mais insolite :

 Dans le district de Kamouraska pratiquait jusque dans les années 70-80 environ un juge aujourd’hui décédé qui est devenu légendaire pour son caractère et ses pratiques «cools». à l’époque, le Palais de justice de Rivière-du-loup était attenant à une prison. Ce juge y avait également son bureau. Monsieur le juge B. avait décidé de s’impliquer pour la réhabilitation des condamnés criminels auprès de qui il était devenu extrêmement populaire et ce non seulement pour son indulgence sur le banc. Lorsqu’il terminait sa journée de travail, il demandait souvent aux gardiens de lui amener un des prisonniers, le plus souvent l’un de ceux qu’il avait condamné lui-même. Il discutait avec lui dans son bureau et lui offrait un verre! Monsieur le Juge n’y gardait pas quelques bouteilles de boisson que pour cette raison : en effet, il offrait aux avocats le café alcoolisé à son bureau en échange d’une contribution à sa tirelire servant à acheter des cadeaux aux prisonniers à Noel!  

14 octobre 2011

 
 District de Kamouraska : Un accusé se présente devant le juge, en présence de mon patron criminaliste. Celui-ci s’enquiert si il s’est choisi un avocat. Réponse : pas encore, je verrai. Le juge : plaidez-vous coupable ou non coupable? L’accusé : «Je ne sais pas Monsieur le Juge, ça dépendra». Le juge s’informe puisqu’il ne comprend pas ce qu’il veut. L’accusé lui rétorque : «Ça dépendra si vous êtes cochon!. Si vous êtes cochon, je plaide non coupable et je prends un avocat. Sinon, je plaide tout de suite coupable et je fais ça moi-même!». Le juge lui mentionne : «On réclame contre vous trois mois. Si je vous offre un mois, plaidez-vous coupable?». Réponse : Oh oui, Monsieur le Juge, puisque vous n’êtes pas cochon!» 

 Dans l'élément suivant je tais les noms des jeunes impliqués. 

C'était au Tribunal de la jeunesse. X avait 18 ans et s'était battu avec un jeune de 17 ans qui avait déjà eu des démêlés avec la justice. Mais comme il s'agissait d'un mineur, il a fallu aller se pointer là-bas. Les parents du jeune et nous avions tous les deux porté plainte. X était représenté par le procureur. à un moment donné, X s'est présenté devant le juge et lui a dit qu'il ne prétendait pas être un saint et que ça lui arrivait de se battre, surtout quand un jeune arrogant traitait sa mère de pute. L'avocat de l'autre jeune essayait de faire dire aux témoins de X qu'il se battait pour tout et pour rien. Y, un des témoins de X a été contre-interrogé par l'avocat de la défense. à un moment donné, il a dit ce qui suit : Diriez-vous que X est soupe au lait. Y l'a regardé estomaqué et lui a dit d'un air offusqué : "Mais qu'est-ce que la cuisine a à voir dans cette affaire". Tout le monde, le juge y compris, a éclaté de rire. Le juge a posé des questions au jeune qui lui marmonnait et ne le regardait pas dans les yeux, contrairement à X. Le juge a conclu en disant qu'elle préférait quelqu'un qui lui disait franchement que ça lui arrivait de se batter, surtout quand on le provoquait, à quelqu'un qui de toute évidence avait des problèmes et qui prétendait être un ange. X a été lavé de toutes les accusations qui pesaient sur lui et le jeune a été condamné à l'école de réforme.

Source : De ma soeur Jojo

13 octobre 2011

 
La nudité est un acte répréhensible en Grande-Bretagne car elle représente un risque pour la morale de la société. Un nudiste activiste a donc décidé de se présenter à son procès dans la tenue d'Adam, sans la feuille de vigne. La Cour a apporté des modifications à ses règles les plus simples. L'homme est devant un tribunal de Londres pour troubles à l'ordre public. Il est accusé de s'être promené nu entre le 14 juillet et le 19 août dernier dans un endroit public et en refusant de s'habiller. Ce procès doit durer quatre jours et l'accusé n'a pas l'intention de s'habiller pendant cette période.

Un autographe, SVP, votre honneur!

Les artistes, les acteurs et les athlètes ne sont pas les seuls à être sollicités de toutes part pour un autographe. En effet, j'ai déjà vu Bill Gates, un homme d'affaires, signer un autographe. J'ai déjà vu Lucien Bouchard, un politicien, signer un autographe. Mais un juge signer un autographe, en fonction par-dessus le marché??? Jamais je n'ai vu cela de ma vie!

Et pourtant, à la télé américaine, le 13e jour de juin de l'an de grâce 2000, un jeune intimé a demandé un autographe à la célèbre et colorée juge Judy (réseau ABC) une fois le verdict tombé, contre lui. On aura tout vu!

12 octobre 2011

 
Un justiciable devant s’identifier mentionne comme profession «coupeur de têtes de poulets». 

Une justiciable, témoignant d’un accident qu’elle a subi, mentionne au juge qu’elle est tombée du trottoir et a subi une fellation du coccyx. à la tête étonnée du juge, la justiciable précise que son coccyx était fêlé d’après les radiographies. 

Un avocat, bien connu comme brillant mais fort original et souvent dans la lune a perdu littéralement ses culottes devant la Cour, qui lui ont tombé aux chevilles en plaidant ! Il s’est excusé en mentionnant qu’il avait oublié de mettre ses bretelles ce matin-là. 

Le même avocat, emporté dans une envolée oratoire en défendant un client accusé d’agression sexuelle, détaille abondamment au tribunal l’endroit isolé où vit son client, dans le fond d’un rang d’une localité sans activités, etc., en vient à dire par distraction à la fin : «Que voulez-vous Monsieur le Juge, mon client n’a rien d’autre à faire là que des agressions sexuelles!». 


Glanée auprès d’une greffière :

Un justiciable vient de recevoir sa sentence au criminel. Le résultat ne correspondait sans doute pas à ses attentes puisque lorsqu’il est ramené par les gardiens à l’unité de détention du Palais de justice, il se met à crier à répétition à l’attention de son avocat, Me B. : «Aye, B., viens icitte, j’veux t’parler. Aye, B….». Le tout était tellement fort que même derrière deux portes capitonnées, à plusieurs dizaines de mètre et en cellule, l’unité étant sise au demi-ÉTAGE plus bas que la salle d’audience et séparée de quelques pièces, on l’entendait encore bien distinctement hurler de la salle d’audience : «AYE, B., MON TABARNAC, VIENS ICITTE!», etc. pendant un bon bout de temps, y incluant pendant la reprise des audiences.. à tel niveau sonore que le tout a réussi à être capté en arrière-plan sur les enregistrements audio des audiences, par les micros placés devant le juge et au niveau du box des accusés! 


Un certain juge âgé a une curieuse manie qui a le don d’irriter les avocates mais aussi et surtout les employées du greffe qui passent plus de temps à la Cour même. Lorsqu’il remarque une jeune et attrayante avocate ou greffière, il lui demande de venir dans son bureau. Celles-ci la première fois deviennent vraiment curieuses et/ou anxieuses, se demandant ce qui ne va pas car cette façon de procéder est vraiment inusité quant aux principes qui cadrent la nécessité de conserver l’apparence de l’indépendance judiciaire de la magistrature. Mais non, il n’y a pas de problème, Monsieur le juge veut juste jaser et faire connaissance, avec un interrogatoire en règle durant jusqu’à une bonne demi-heure. Le monsieur a un comportement correct, rien à voir avec un quelconque forme de harcèlement sexuel, mais vu la répétition de ses besoins de confidence, cela embarrasse: les employées n’osant refuser versus un juge mais devant assumer leur prestation de travail. Le pauvre juge a été surnommé dans les officines du greffe «le tannant» et chacune de ses visites dans les districts sont précédées d’une procédure particulière de gestion du travail et de la planification de mesures d’évitement. 

11 octobre 2011

 
Vu à la Cour : un avocat plaidant avec des gestes des mains et ayant bien visiblement le pouce emmailloté dans un grand pansement pour enfants ornés de dessins kitsch aux couleurs primaires éclatantes.

 Consultez Lady DUI...,  

...mais ne vous attendez pas à parler à la princesse !!!

C'est sans aucun doute la pub d'avocat la plus KÉTAINE selon le blog de Norm Pattis spécialisé dans la justice.

Cette avocate d'Hartford, Connecticut, se spécialise dans les causes de gens pris dans des affaires de conduite avec facultés affaiblies (DUI : Driving Under Influence).

10 octobre 2011

 
 Je suis avocate et j’avais à rencontrer un confrère représentant le gouvernement afin de discuter du règlement et de l’orientation d’un dossier. Nous devions pour ce nous présenter devant la Cour dans une vingtaine de minutes. Tout en jasant du dossier, et comme si c’était là un geste on ne peut plus naturel, mon confrère se lève de la chaise de bureau, descend sa braguette, ouvre ses pantalons et replace sa chemise dedans, le tout avec grand soin. Il refait tout de suite la même chose avec sa veste de toge tout en remontant bruyamment sa braguette, en s’ajustant tout ce qu’il a inséré dans sa culotte. Pendant ce temps, il continuait à discuter tout normalement du dossier! J’ai eu de la difficulté à ne pas avoir le fou rire! J’espère qu’il ne fait pas ça dans la salle de Cour quand il est en retard ! Ma consoeur de bureau a elle aussi déjà eu droit au même spectacle de ce confrère.

Une troisième avocate de notre district a confié avoir eu droit au spectacle! Selon le modus operandi habituel, elle rencontrait notre confrère en son bureau dans son bureau pour un dossier commun. Notre vaillant Me ... se lève tout à coup et lui demande si cela la dérange s'il se change pour se préparer à aller à la Cour. Ma consoeur a acquiescé, pensant qu'il allait passer son plastron, sa veste et sa toge par dessus ses vêtement, mais celui-ci a ôté son chandail, se mettant torse nu dans un espace semi-public du Palais de justice pour passer une chemise blanche!

Y a-t-il quelqu'un, de préférence un autre collègue masculin, qui pourrait parler de cela amicalement à l'intéressé? Ce confrère «exhibitionniste» fait un excellent travail et se montre le plus souvent à ma connaissance un homme agréable et sympathique, mais il met naivement tout le monde à la gêne avec ce comportement invraisemblable, a fortiori dans une fonction de sa qualité. Imaginez-vous s'il serait nommé juge? Nous commençons pour beaucoup à être franchement mal à l'aise de devoir le rencontrer dans un bureau séparé, outre celles qui en rient grassement. Un changement de comportement serait d'ailleurs à l'avantage de notre confrère, qui serait actuellement célibataire!


 Dans le district judiciaire de Québec, il existait lors de mon passage à titre de stagiaire en droit criminel durant mes études un groupe de retraités des quartiers modestes de Limoilou et St-Roch dont le passe-temps était de passer invariablement chacune de leurs journées de semaine au Palais de justice en groupe comme beaucoup d’autres le font dans les centres d’achat. Désignés par les avocats et employés comme la Ligue du Vieux-poêle, ceux-ci discutaient sur les bancs de l’atrium et des corridors et assistaient aux procès. Ils se dispersaient dans les salles et sortaient appeler les autres lorsque ça «brassait» ou lorsque c’était cocasse ou médiatisé, remplissant brusquement une salle. Les avocats avaient appris à se servir utilement de ce «fan club» pour les besoins de leurs causes, par exemple pour avoir de l’attention journalistique ou faire manifester un intérêt sympathique ou hostile du public lors de procès criminels. Ces messieurs étaient devenus tellement experts à force d’habitude que nous pouvions nous fier à eux pour prédire l’issue possible de nos causes et de tenter de nous ajuster en conséquence, notamment en nous informant de l’humeur des juges, de leur caractère et de leurs tendances idéologiques. Ils avaient également leurs pRÉFÉRENCES en matière d’avocats, pariant sur leur performance, etc. On se serait cru au bon vieux temps de la rivalité Canadiens-Nordiques! J’ai ainsi déjà entendu des «Go, Maître, Go!» ou autres encouragements de même espèce à l’endroit de mon patron lorsque nous entrions dans la salle d’audience lors de procès importants. Leur passion allait si loin qu’à l’occasion du décès de l’un d’entre eux, nous avons pu lire dans sa nécrologie parue au Journal de Québec : «Il laisse dans le deuil …(énumération des membres de sa famille) ainsi que ses amis, avocats, gardes et employés du Palais de justice de Québec.»